« …Et ils rayonnaient d’une gloire éblouissante. »
La partie immergée de l’iceberg et le fond du puits, ce sont les images qui me viennent immédiatement à l’esprit à propos de notre nouvel album Angels of Destruction !.
Permettez-moi de m’expliquer…`
6 mois auparavant…
J’avoue avoir été un peu éméché lorsque j’assistais à ma première réunion des Alcooliques Anonymes, six mois plus tôt.
L’expérience de la sobriété allait être une réinvention de moi-même.
Tout allait changer. Je fermerais simplement le livre sur ce chapitre de ma vie et me donnerais complètement au travail. J’allais me concentrer sur mon groupe (que j’aime profondément et que je considère comme l’un des meilleurs du monde) et je passerais chaque seconde à créer plus, d’une meilleure musique, comme un bourreau de travail (en Anglais workaholic NDT) avec le même acharnement que je consacrais à m’alcooliser. (Note : ceci n'est pas conseillé dans le manuel en 12 étapes diffusé par les A.A.).
Notre nouvel album a COMMENCE sa vie en tant que DOUBLE album. J’ai écrit des chansons, mon frère Serge les a écrites aussi.
J’ai exploité nos précédents travaux et je me suis même couché tôt quelquefois rêvant à de superbes « jams » que nous n’avions pas encore écrites mais qui le seraient assurément dans quelques années. Les chansons commençaient à s’amonceler, il y en avait de bonnes, quelques-unes étaient géniales ! Angels Of Destruction ! devint rapidement un TRIPLE album. Cette nouvelle musique c’était du Rock & Roll, elle était folk, elle était punk, elle était intelligente, elle était triste, elle était drôle et parfaite à tous points de vue. Elle happerait non seulement nos fans, mais volerait les fans de tous les groupes existants (Plus tard aux Grammy’s nous devront nous excuser auprès de milliers de groupes !) Quelques répétitions après cette révélation et l’affaire était dans le sac. Nous allions sauver le Rock & Roll et nous allions rayonner d’une gloire éblouissante !
20 jours plus tôt…
Il y a vingt jours, j’esquivais les appels téléphoniques, j’évitais les membres du groupe et signais des chèques sans provisions.
La date à laquelle nous devions livrer l’album se rapprochait, je reprenais prise avec la réalité. Oh mon Dieu, j’étais finalement devenu sobre !
35 CHANSONS ? UN TRIPLE ALBUM ? ? ? Pour qui était ce que je m’étais pris, putain ? Et à côté de ça, comment allait faire notre label Yep Roc pour établir un tarif pour l’album, sans compter le packaging classe, genre hologramme qui joue du piano de saloon lorsqu’on l’ouvre. Vont-ils avoir les moyens de le sortir ? Les aura-t-on ? Vont-ils être éblouis par notre ingéniosité, ou leur humble structure de Caroline du Nord prendra-t-elle feu ? En fait ça n’avait plus vraiment d’importance, il était trop tard pour tout ça maintenant. Le lancer de balle a été maladroit, nous perdions du terrain, et l’équipe Marah était désespérée.
Il y a sept jours…
Marah contrôlait de nouveau le jeu. Les tubas jouent, les cymbales se percutent et bien que notre casque de foot nous soit tombés devant les yeux, nous nous acheminons vers la fin de la zone du Rock.
La partie immergée de l’Iceberg…
Angels Of Destruction! compte maintenant 12 titres. Bien que ce ne soit qu’une infime partie de ce que nous avons enregistré, nous ne pouvons nous empêcher de ressentir un enthousiasme vertigineux à propos de l’avenir. Nous avons non seulement livré notre sixième disque à nos bons amis de Yep Roc, de plus nous nous sentons à l’orée d’un futur impétueux et passionnant, bien qu’incertain. Peut-être, n’y aura-t-il bientôt plus de disques compacts. Peut-être, très vite, frapperez-vous sur votre barre d’espace pour voir apparaître Chris Martin dans votre salle de séjour chantant “The Yellow Song” dans un falsetto agaçant. Qu’importe. Nous serons prêts.
Le fond du Puits…
Sur fond de Folk Punk technicolor, voilà un album à thèmes… Religion, destruction, rédemption et joie. Nous avons enregistré la musique, tous les six debout dans une pièce (on a joué aussi fort et aussi puissamment que l’on a pu !). Comme nous l’avons toujours fait (de la première chanson sur notre premier album à la dernière chanson sur celui -ci.) On a tout mis dans ce putain de truc… Nos thunes, nos animaux domestiques, nos relations. Tout est dedans, et quoi qu’il arrive, le sort de cet album n’est plus entre nos mains. Notre seau racle le fond du puits, et nous prions pour qu’il ramène de l’eau !
Ce soir…
À 18h30 Kirk “The Barber” Henderson, Christine Smith à l’immense talent (notre dernière recrue) et moi-même nous rendrons à Manhattan par le Train L. Nous allons masteriser “Angels Of Destruction!. Si le disque comportait le moindre défaut, j’en prendrais la responsabilité auprès d’eux et je leur ferais mes excuses, mais je sais qu’ils n’en auront cure, ce ne sera pas nécessaire. Ce sera parfait. Nous sommes liés par l’amour, l’âme, la sueur et le sang… Cela se perçoit à la surface ( Comment en serait-il autrement ? )Et il sera bientôt temps de revenir à notre mentalité de gang et de trimballer notre ENORME Rock & Roll Show « On the road again ». Ensemble nous allons ébranler les murs des salles de concert et amener Angels Of Destruction ! à la vie.
« Je suis une comète… Je suis un flash- David Bielanko
PS : Cher Monsieur le Rock Journaliste, j’ai tenté d’écrire cette bio le plus précisément possible, j’étais forcé de rendre compte de ma sobriété afin d’illustrer la méchante tempête de neige d’évènements qui est tombée dans le coin dernièrement. Au nom du groupe, j’espère que mon « histoire » ne deviendra pas « notre histoire » mais simplement une partie d’une image plus large, qui est notre musique.
« Je suis un flocon de neige… Je suis une colombe ! » - D.B.
P.P.S. – Les concerts seront mega !
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